Les poux infestent plus
de 100 millions de personnes à travers le
monde chaque
année. Les enfants sont particulièrement
vulnérables entre les âges de 3 et 11 ans,
en raison de leurs comportements sociaux
(notamment les jeux et les échanges de
bonnets) qui favorisent la propagation de
ces parasites. Et leurs mères s'arrachent
parfois les
cheveux pour tenter d'en venir à bout. Cela
ne durera sans doute pas : des
chercheurs et des médecins français (des
hôpitaux Henri Mondor et Avicenne,
en région parisienne, et de l'Inserm U738 à
Tours) viennent de démontrer l'efficacité
d'un médicament pris par voie orale dans la
lutte contre les poux. Leurs travaux sont
publiés dans l'édition du 11 mars du
New England Journal of Medicine .
les résistances sont de plus en plus
fréquentes, comme la plupart des autres
parasites, les poux ont développé leur
propre stratégie pour survivre dans des
conditions difficiles.
En faisant évoluer leur patrimoine
génétique, ils deviennent insensibles aux
insecticides (malathion ou pyréthrine)
contenus dans les lotions. Les épidémies
de poux sont donc de plus en plus difficiles
à traiter et à éradiquer. D'où la
nécessité de trouver de nouvelles
alternatives thérapeutiques. Les chercheurs
ont donc comparé l'efficacité d'un
traitement antiparasitaire oral
(ivermectine) à celle d'un traitement anti
poux classique (malathion en lotion). Pour
cela, ils ont administré deux fois, à sept
jours d'intervalle, l'un ou l'autre des
produits à 812 personnes contaminées
provenant de 376 familles.
Les résultats obtenus
sont probants : 95 % des 398 personnes ayant
reçu
l'ivermectine étaient débarrassés des poux
quinze jours après le début du
traitement, contre 85 % des 414 soignées
avec le malathion. L'ivermectine est
une molécule connue, présente sur le marché
depuis longtemps et bien tolérée.
Elle est prescrite notamment dans le
traitement de la gale et contre certains
vers tropicaux.